PORTRAIT BRETON – MARION LIMAL

Portrait BRETON (6)

Peux-tu te présenter en quelques lignes ?

Bonjour, je m’appelle Marion LIMAL, j’ai 37 ans, je suis une ancienne joueuse professionnelle de Handball et je me suis reconvertie à la fin de ma carrière en 2019. Je suis actuellement entraîneur de Beach Handball au sein du BBH, j’interviens à la Ligue et avec l’Equipe de France de Beach Handball.

Parle-nous de ton parcours dans le handball ?

J’ai commencé le handball à la Motte Servolex, ensuite je suis partie vers mon centre de formation dès l’âge de 18 ans à l’ESBF à Besançon où j’y ai joué pendant 4ans (dont 3 ans de centre de formation) et j’y ai signé mon premier contrat professionnelle là-bas, jusqu’en 2009. A partir de 2008, j’ai fait des sélections en Equipe de France et donc entre 2008 et 2012 j’ai été 2 fois vice-championne du monde, en Chine et au Brésil. De 2009 à 2011, j’ai joué en Autriche pour jouer la Ligue des Champions. Après je suis rentrée en France, j’ai pu jouer à Mets, à Nîmes et je suis arrivée à Brest en 2014 jusqu’en 2019.

Comment es tu arrivé au Beach Handball ? et quelles sont tes missions autour de cette pratique ?

Quand la FFHandball a appelé les Equipes de France (parce qu’ils ont été un peu sonné par les Fédérations Internationales pour participer à des compétitions), il y a eu des regroupements avec une première génération et Maud-Eva COPY, Camille RASSINOUX et Stéphanie AKOA ont fait ce regroupement, elles avaient trouvé ça cool et surtout très fort. Je me suis dit que si il cherchait une joueuse, étant donné que Stéphanie arrêtait sa carrière, les filles mentionneraient mon nom à Valérie NICOLAS pour montrer mon intérêt. Ca n’a pas loupé ! Mon passé d’internationale l’intéressait donc en 2017 j’ai effectué mes premiers stages pour préparer les championnats d’Europe et ensuite on s’est retrouvées à Zagreb pour le premier Euro où nous avons fini à la 7ème place. J’ai été la première capitaine de cette équipe de France et on se considérait un peu comme les pionnières car on a débarqué au bout de 8 jours de Beach contre des Equipes qui avaient une renommée internationale mais on a réussi à se qualifier en quart de finale, c’était un peu dingue ! Cette superbe aventure m’a donné envie de poursuivre derrière jusqu’à la fin de ma carrière en tant que joueuse en 2019.

Depuis, j’ai commencé un Master en Management à la fin de ma carrière, je m’étais dit naïvement que j’avais envie de prendre du recul au niveau du handball et c’était l’occasion de voir si je pouvais m’épanouir dans un autre domaine, avoir une deuxième carrière. Cependant, on m’a proposé de m’investir dans les Equipes de France, de par mon expérience sur les 2 compétitions que j’avais faite et évidemment c’est un sport avec lequel j’avais tellement accroché que j’avais envie d’aider à sa construction et pouvoir transmettre tout ça. J’ai fait d’abord un stage avec l’Equipe de France Jeunes en Corse et ça s’est très bien passé donc j’ai commencé un Titre 5 pour faire partie des Equipes de France adultes. De 2021 à 2023. j’ai fait partie du staff et depuis 2023 je suis devenu entraîneur de l’Equipe de France Féminine de Beach Handball.

Peux-tu nous présenter plus en détails le Beach ?

Le Beach Handball pour moi c’est spectaculaire, hyper fair-play, c’est vraiment du fun et c’est un sport qui gagne à être connu car cela reste des matchs qui sont beaucoup plus court et souvent on joue sous forme de tournois. Les matchs durent 2 fois 10 minutes, c’est très rapide ! Le Beach ne joue pas en équipe comme en indoor où les défenseurs vont partir en attaque etc … On a vraiment presque 2 équipes à l’intérieur de l’équipe avec les défenseurs qui vont rentrer sur le terrain. En bref, 3 défenseurs contre 4 attaquants et une fois que la balle à changer de possession ils vont sortir (le gardien également) pour laisser rentrer leurs attaquants et inversement.

Le fait qu’il y ait ces changements là, le rythme est très rapide et la particularité, quand je dis “spectaculaire” est que les buts pour compter double, il faut faire des 360° ou mettre des buts en kung-fu, c’est super chouette à regarder parce qu’avec les qualités physiques des joueurs et joueuses ça devient attrayant !

On a aussi le rôle du gardien : un tir de son propre but dans le but adverse compte double et on le fait complètement partciper au jeu, il doit sortir pour laisser sa place à un “spécialiste” qui lui aussi peut marquer 2 points en tirant normalement MAIS il est totalement lié au gardien ! Tant que le “spécialiste” est sur le terrain, le gardien ne peut pas rentrer et inversement, on peut donc dire qu’il a la tâche facile de tirer normalement en attaque mais par contre ça peut être à double tranchant car si il ne sort pas assez vite le gardien ne peut pas rentrer et le jeu rapide peut se dérouler dans l’autre sens.

Il y a pleins de composantes comme ça qui font que quand on commence à jouer au Beach on peut largement être piqué et avoir envie de beaucoup plus !

Ce qu’il y a de bien avec le Beach handball c’est que c’est assez spectaculaire, il y a des 360°, des kung-fu, mais il y a pas que ça. Tout le monde peut avoir sa place sur du Beach, personnellement j’ai effectué 1 seul 360° dans ma vie : j’ai plutôt fait des 180° et je suis tombé à plat dos que de mettre des 360° spectaculaire. Par contre, je me suis régalée en défense, j’étais en poste 3 et j’adorais faire déjouer l’équipe adverse, d’aller contrer, d’aider ma gardienne, d’aider mes coéquipières. Ce rôle là montre toute la palette de qualités qu’il faut pour pouvoir jouer au Beach Handball, tout le monde peut pratiquer et tout le monde peut s’épanouir dans ce sport, j’ai tendance à dire qu’on peut être très bon au Hand à 7 pourtant pas du tout au Beach et inversement. Il faut essayer et on voit où on est le plus performant !

L’ouverture des inscriptions pour la Breizh Beach Handball Cup sont ouvertes, peux-tu nous parler de ces évènements à venir sur la Bretagne ?

Cela va être la troisième édition, après une tentative en 2018 puisqu’on était marraine de l’événement avec Maud-Eva COPY, on était pas encore prêtes je pense à instaurer des compétitions de Beach handball sur le territoire. Depuis 2 saisons, on voit de plus en plus d’équipes qui s’inscrivent puis ça reste des journées qui sont hyper fun parce qu’on se retrouve sur la plage et le fait de pouvoir en faire notre sport et pour nous de faire découvrir ce sport au plus grand nombre est hyper excitant. J’invite tout ceux qui connaissent de près ou de loin le Beach à venir essayer, ramener des potes pour faire une équipe et s’inscrire sur les éditions qui auront lieu à Rennes le 16 juin et à Brest le 23 juin. C’est ouvert à tous et on est toujours dans la bienveillance même si cela reste compétitif, on est tous là pour faire grandir le Beach sur la Bretagne et on se tire tous vers le haut.

Pour finir, peux-tu nous raconter un ou deux souvenirs marquants dans ta carrière de joueuse professionnelle et au Beach Handball ?

Forcément je pense au titre de Vice-Championne du Monde en Chine, la première médaille de cette génération qui en a amené beaucoup d’autres derrière. C’était un souvenir énorme ! J’ai énormément de bons souvenirs et à chaque fois qu’on me demande je dis juste que c’est des périodes de ma vie et j’en retire que le positif.

Si on parle vraiment de Brest, je suis arrivée en 2014 en D2 et la saison invaincue en 2016 pour monter en LFH puis gagner cette Coupe de France à Bercy avec le mur blanc à Bercy et tous les Bretons qui étaient là forcément ça reste un souvenir qui resta gravé à jamais. Je pense que l’on avait bien vu la ferveur bretonne ce jour là et c’est quelque chose qu’on a pas forcément pu revivre de cette façon là même les fois d’après. Encore merci à tous ces bretons !

Pour le Beach, la première qualification pour le Championnat du Monde à Zagreb. Comme je disais, on avait vraiment l’impression d’être des pionniers parce qu’il y avait jamais personne qui avait fait du Beach en France avant nous. On était tombés contre les espagnols en quarts de finale, qui étaient Championnes du Monde en titre, c’était vraiment quelque chose d’exceptionnelle parce qu’on sortait de nulle part. C’était une aventure humaine extraordinaire !

Je finirais par la Coupe des territoires, la première qui a eu lieu, je devais coacher l’équipe puisque j’avais arrêté le sport, j’avais eu ma fille et ça faisait 2 ans que je faisais du sport mais de manière irrégulière. Mais on avait pas de défenseure centrale, j’ai dit aux filles en rigolant “Je vais me mettre avec vous, je vais jouer” et je me suis retrouvée à vraiment jouer sur la compétition. C’était pour la France entière, la première compétition de référence et on a réussi à gagner ! J’étais tellement heureuse d’avoir pu partager ça avec elle, c’était des filles mordues de Beach et elles avaient plongé dedans comme moi. De pouvoir être sur le terrain pour les accompagner pour gagner cette première Coupe de France restera un très bon souvenir. Elles ont réédité cette performance l’année d’après, sans moi parce que j’avais eu un deuxième enfant mais c’est vrai que ça fait plaisir de voir que toute cette ferveur en Bretagne sur le Beach a porté ses fruits !

Merci à toi Marion pour ton témoignage, nous te souhaitons une belle saison de Beach Handball et de beaux projets à venir.