PORTRAIT BRETON – MIKAËL DANIGO

Mikael - Bandeau

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Bonjour Mikaël, tu es salarié à la Ligue de Bretagne de Handball, peux-tu te présenter ?

Bonjour, je m’appelle Mikaël DANIGO et je suis CTF de la Ligue de Bretagne de Handball avec 3 missions principales : la responsabilité du Pôle Espoirs Féminin de Bretagne, la responsabilité de la filière féminine et la responsabilité du PPF sur le territoire breton.

Peux-tu nous présenter ton parcours ?

Mon parcours commence à s’étalonner depuis de nombreuses années ! J’ai commencé à entraîner à l’âge de 17 ans au club de Léhon dans les Côtes-d’Armor en tant que bénévole pendant une dizaine d’années tout en suivant des études d’éducateur spécialisé (études qui n’avaient rien à voir avec le handball). En parallèle, je passais régulièrement des diplômes fédéraux voire professionnels pour, pourquoi pas, bifurquer à un moment. C’est ce qui s’est passée en 2005, un poste s’est libéré dans les Côtes-d’Armor avec les dirigeants du moment (Bernard DROUERE, Serge GROT, des personnes avec qui on travaillait déjà). Je suis alors arrivé en tant qu’agent de développement au comité des Côtes-d’Armor et quelques années plus tard je suis devenu CTF, jusqu’en 2017, puisqu’avec la fusion je suis devenu CTF de la Ligue et c’est à ce moment que Pierre TAILLE et Lionel GRAVE m’ont sollicité pour prendre la responsabilité du Pôle Espoirs.

En parallèle de tout ça, j’ai toujours eu une activité bénévole dans les clubs bretons : à Léhon pendant 10 ans, à Arvor 29 (qui a disparu depuis) durant 1 année, à Plouagat pendant 10 ans et depuis 7 ans à Taulé-Carantec.

Peux-tu nous présenter une semaine type en tant que Responsable du Pôle Espoirs Féminin de Bretagne ?

C’est une question que l’on nous pose souvent et c’est assez compliqué de décrire une semaine type tellement elles sont mouvementées et malléables. On a un rôle quand on est Responsable du Pôle qui est d’accompagner 15, 20, 30 jeunes filles dans un projet de vie qu’elles installent avec nous pendant à peu près 3 ans ou 4 ans. C’est pour cela que les tâches sont variées et c’est ce qui fait la richesse de ce poste finalement.

Moi, je regrouperais nos actions en trois grands groupes :

  • L’entraînement : la mise en place sur le terrain, la préparation des séances, les projets individualisés parce que le Pôle Espoirs vise à développer des individus plus qu’une équipe. C’est super riche, super intéressant mais ça demande beaucoup de travail puisque l’on doit imaginer des entrainements différenciés que ce soit dans la préparation physique ou technique.
  • L’accompagnement de ces jeunes filles dont on a la responsabilité, soit tous les éléments du système qui gère leur vie : la scolarité, l’aspect médical mais également leur vie sociale qui n’est pas toujours simple puisqu’en 3 ou 4 ans il se passe parfois des événements qu’il faut accompagner. Mais aussi, on tient beaucoup à développer les “à coté” autour de la culture de la sportive de haut-niveau, sur ce qu’est “devenir professionnelle” avec les enjeux qui vont arriver. C’est toute la gestion et la coordination des “à côté” du terrain qui sont, à mon sens, aussi important que ce qui se passent sur le terrain. La première chose à laquelle on vise pour ces jeunes filles c’est un épanouissement dans ce double projet.
  • La relation avec les partenaires, c’est un point qui prend beaucoup de temps, que ce soit avec la Fédération, l’éducation nationale, les institutions ministérielles, le secteur professionnel (le Brest Bretagne Handball directement), là aussi il y a beaucoup de dossiers à mêler.

Aurais-tu un ou plusieurs souvenirs du Pôle Espoirs à nous partager ?

Il y en a plein parce que tous les jours il se passe des choses qui sont marquantes mais forcément j’en ai retenu 2 avec notamment notre titre de Championnes de France des Pôles de 2022, c’est forcément un événement majeur du Pôle. C’est quelque chose qui n’est pas anodin et qui marquera l’histoire du Pôle Espoirs de Bretagne. Je parlerais également de la compétition qui vient de se terminer là, il s’est passé des choses en termes d’émotions ressenties assez particulières, c’était une compétition assez forte.

En parlant de ça, vous venez tout juste de rentrer des Interpôles, quel est le bilan de la compétition pour la sélection bretonne ?

On termine 4ème, dans le dernier carré avec des grosses écuries qui sont l’Île de France ou le Grand-Est. On perd le match de la 3ème place pour 2 petits buts, une petite finale assez indécise et je pense d’un très bon niveau. On a connu quelques péripéties de préparation, et même durant la compétition, de maladies, de blessures ce qui fait qu’on a pas pu compter sur l’entièreté de l’effectif et des forces, c’était un paramètre à gérer. Malgré tout, on a un socle défensif qui était très très performant et qui a été notre base de fondation pour le tournoi, qui mêlait à la fois de l’engagement mais aussi les perturbations des attaques adverses et une capacité à s’adapter. Le bilan que l’on fait sur le jeu en attaque est vraiment très intéressant parce qu’il s’est développé au fur et à mesure des matchs, on a eu quelques difficultés au départ parce que les filles manquaient de repères et puis au fur et à mesure de la compétition il s’est développé. Le jeu en attaque est devenu performant sur les 4 derniers matchs et on s’est reposé sur les articulations que l’on défini au sein de la filière, et c’est ce qui a permis de stabiliser les choses pour présenter un jeu offensif, à la fin, qui était de bonne qualité.

Es-tu satisfait des résultats ? Du comportement des joueuses sur le terrain ? Considères-tu que l’objectif a été atteint ?

Oui, je suis très satisfait des résultats et les objectifs sont atteints même si le fait de ne pas ramener de médailles laisse un léger sentiment de frustration, surtout pour les joueuses parce que ça aurait été une belle récompense pour elles. Je trouve que ce résultat affiche notre stabilité dans le top 6 des compétitions fédérales depuis maintenant quelques années. De plus, cette compétition était particulièrement dense avec de moins en moins de pôles en difficultés et surtout une grosse concurrence dans le rapport de force avec des pôles puissants liés à la recomposition des régions il y a quelques années. On stabilise un résultat, en mettant en avant nos forces, nos choix de formations, nos choix d’organisation de la filière et nos choix de profils de joueuses, donc c’est forcément satisfaisants ! Je pense que ce résultat met en avant la qualité du travail de détection au sein de la Bretagne, donc du travail de Jean-François CILLARD et de son équipe, parce que les joueuses aujourd’hui qui arrivent au Pôle sont prospectives et là elles l’ont montré largement. Après évidemment, dans ce cadre là, ce qui est satisfaisant c’est le travail du staff qui était exceptionnel. À la fois, Mathieu CHEVE, stagiaire à la vidéo, mais également Marion QUEAU, notre kiné qui fait des miracles dans la gestion de la traumatologie et de la récupération des filles. Et surtout Amélie SIGWART qui, par son expertise et son engagement, est une pièce maîtresse des résultats. Sans oublier Pierre TAILLE, à distance, avec qui on est souvent en échange et dont les avis éclairés sont toujours aussi riches et importants pour nous.

Dernier point, qui sera sur le comportement des filles, les joueuses ont été extraordinaires, à travers les valeurs qu’elles ont dégagées en dehors et sur les terrains mais surtout par le travail qu’elles ont accompli pour pouvoir progresser, de matchs en matchs. Elles ont vraiment bossé, presque comme des pros, dans le travail de vidéos, d’analyse des rencontres et de projections sur les matchs. Elles ont fait preuve d’une cohésion de groupe exceptionnelle, entre autre liée aux terminales qui ont été incroyables sur la gestion de la compétition.

Le dernier objectif qui a été atteint pour nous c’est que toutes ces terminales ont eu des propositions de centres de formations de clubs professionnels, je crois que c’est la première fois que ça arrive au Pôle, donc c’est vraiment top !

Quels sont les prochains évènements clés pour le Pôle Espoirs Féminin de Bretagne ?

Le premier événement qui arrive c’est l’accompagnement des terminales dans les projets post-bac, on les amène à faire les meilleurs choix possibles pour elles.

Le programme de détection/sélection démarre, les inscriptions sont ouvertes et on va maintenant s’attacher à évaluer et détecter les futurs potentiels de demain qui rentreront dans la structure.

Les Interligues qui vont arriver fin mars, mais qui concerne les plus jeunes (en classe de troisième et quelques secondes).

Le dernier élément qui va nous préoccuper c’est l’accompagnement et la préparation de nos internationales en U16 et en U18 pour les compétitions estivales.

Merci à toi Mikaël pour ton engagement et tout ton travail auprès du handball. Nous félicitons également toutes nos joueuses pour leur beau parcours aux Interpôles Féminins 2024.

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